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24 octobre 2014

Utex Africa vu du ciel



Pour vous donner une idée de là où nous habitons et travaillons dans mon cas.

 

Bon c'est écrit petit, mais je vous donne le code couleur

 

·        Ligne jaune, les limites du compound ;

 

·        Ligne vert clair, les chemins de ballade à l’intérieur du compound ;

 

·        L’Etoile en vert fonce est notre maison (notre immeuble de l’année passée était au- dessus) ;

 

·        En bleu sous, notre maison, la ou pointe la flèche, le bureau UNICEF ou je travaille  (à 50 m à vol d’oiseau de la maison) ;

 

·        En noir le QG de la MONUSCO, la plus grande opération des Nations Unies de maintien de la paix (20,000 hommes dans le pays)

 

·        A gauche de la MONUSCO en bleu la piscine-bar-restau ;

 

·        En rose à gauche l’aire de jeux près du fleuve ou se rassemblent les enfants ;

 

·        Les taches orange en bas sont les cours des trois tennis en terre battue ;

 

·        Et en dehors du compound en rouge l’ambassade de France.



2 décembre 2013

Home sweet home


Notre famille croquée par Aziyadée, ça rassure on a tous la banane et des bras ouverts,
de d à g, Elsa la dame en noir, Renwick bizarrement affublé d'une perruque (!?), Barney en vert, Circé en turquoise
et Azi en violet (les filles ont les cheveux dressés sur la tête) !

Avant que je ne rentre en France pour les fêtes (J-7)et pour boucler la période déménagement- emménagement qui a ponctué les six derniers mois de notre existence entre l’Asie du Sud Est et l’Afrique centrale, je vous offre une séance de rattrapage hanoienne (celle de la pesée des cartons avant envoi, l’occasion d’une franche rigolade) et, en cadeau bonus, la visite de notre appartement congolais à Utex en quelques instantanés…

La fin d'une aventure...bye bye To Ngoc Van
Des cartons comme s'il en pleuvait, pas moins de 200 au total sans aucun meuble : qui dit mieux!
Uyen qui s'amuse comme une folle sur la balance
Evidemment c'était tentant pour Azi mais pas pour moi,
avec les jumeaux dans mon giron j'aurais explosé le compteur....

Changement de décor au Congo
L'entrée et le coin lecture d'Aziyadée
La salle à manger et le coin dessin/jeux d'Azi et ses copains/copines
Le tapis des enfants made in Kano, Nigeria
Le coin canapé avec une touche nostalgique de l'Asie
La cuisine
La chambre d'Aziyadée
Autoportrait d'Aziyadée collé sur la porte de sa chambre
La nurserie
Détail de notre chambre avec un pagne "lotus" dégoté chez Lambada pour assurer la transition en douceur
Un autre détail de notre chambre où trône le fameux dessin/portrait de famille
La terrasse sur laquelle donne notre chambre
et voila, fin de la tournée du proprio...

11 octobre 2013

UTEX Compound

Une vie de compound, ça laisse pensive !
Qu’est-ce qui rime avec « compound » en anglais ?  Le plus évident c’est « round » et c’est bien cela une vie de compound, on tourne un peu en rond….Ci-dessous quelques images de cet univers si particulier qui nous est désormais familier. Vous aurez compris que ce n’est franchement pas ma tasse de thé mais nous n’avions pas vraiment le choix !

Voici donc l’immeuble Chopin -nous sommes au deuxième et dernier étage dans l’angle derrière le papayer- et les vues que nous en avons côté rue et côté Utex, vous verrez deux mondes bien différents. Le seul avantage d’être locataire de l’un de ces appartements est l’accès à la piscine et à son café-restaurant, un espace bienvenu pour égayer les après-midi et week-ends d’Aziyadée et accessoirement de ses parents !











9 octobre 2013

UTEX Africa

 Moké Utex Africa Oye (1989) Oil on canvas
« Utex Africa » c’est la concession d’habitations dans laquelle nous résidons  mais c’est d’abord une histoire industrielle qui commence bien et se termine mal. Alors pour comprendre pourquoi  cette concession de logements locatifs très prisés dans le quartier de Gombé, l’ex ville blanche coloniale à  Kinshasa, occupe les terrains et les bâtiments  de ce qui fut l’un des fleurons de l’industrie textile du pays il faut s’intéresser aux déboires de la filière coton en RDC.


Si à la veille de l’indépendance le Congo était le premier producteur de coton en Afrique,  la production n’a ensuite cessé de décliner et ce de manière brutale  passant de 180,000 tonnes en 1959 à 11,000 tonnes en 1989 jusqu'à s’effondrer à 800 tonnes au cours de la campagne de 2006. L’atrophie progressive de la production cotonnière due aux désordres politiques qui secouent le pays est visible sur les deux cartes de 1960 et 2005 ci- dessous :


                           
Source: CECI et FIGEPAR, Etude de la filière coton en RDC,  mai 2007

Face à la raréfaction de la matière première locale, les industries textiles congolaises n’ont alors eu d’autres recours que d’importer le coton renchérissant leur production et affaiblissant du même coup leur compétitivité jusqu’au coup de grâce : la fermeture de la dernière usine textile du pays, le site de Congotex- anciennement Utex Africa- en 2007.  Et c’est une déflagration, voilà ce qu’en dit la presse de l’époque :

Congo-Kinshasa : La dernière usine textile ferme ses portes, Les congolaises désormais en pagne d'Asie (Par Ben-Clet, 13 Décembre 2007)

‹‹ Kinshasa — Citadine ou rurale, la femme congolaise est désormais privée du pagne wax ou fancy estampillés «Made in DR of Congo». La crise multiforme qui, au fil des années, a terrassé l'industrie textile locale vient d'aboutir à la disparition de ses derniers fleurons, à savoir : Congotex à Kinshasa, Sintexkin à Lubumbashi. Laissant trop peu d'espoir de relance à la Sotexki de Kisangani. Incursion dans un secteur qui ouvre les frontières du pays aux importations des textiles asiatiques de contrefaçon. Un désastre en perspective. De cinq unités en service au début de la décennie '70, l'industrie textile congolaise a payé le plus lourd tribut à une conjonction de plusieurs facteurs : manque de compétitivité, inaccessibilité au crédit, essor fulgurant des importations frauduleuses, développement du secteur informel et amenuisement du pouvoir d'achat des consommateurs. Fin 2007, plus aucune usine textile n'existe sur un territoire de près de 60 millions d'habitants. La chute a été irrémédiable et la reprise paraît hypothétique.››


Se retrouveront sur le carreau 1200 employés et les bâtiments d’usine seront transférés à la compagnie IMMOTEX, une société immobilière appartenant aux mêmes actionnaires TEXAF et CHA textiles (certains n’ont donc pas tout perdu dans l’histoire…). C’est quand même dommage, moi qui A-D-O-R-E les tissus africains, cela m’aurait ravie au plus haut point de connaitre les pagnes Utex made in Congo, certains doivent bien circuler encore dans les rues kinoises, il va falloir ouvrir l’œil !


Aujourd'hui, l'ancien site industriel est occupé par la MONUSCO (la Mission des Nations Unies de maintien de la paix en RDC) et les bâtiments d’usine réhabilités servent d’écrin aux locaux de l’UNICEF, aux bureaux de la coopération technique allemande (GIZ) à un espace culturel étonnant (Bilembo, j’en reparlerai quand il ouvrira ses portes début novembre) et même à de futurs appartements dans un style loft que ne renieraient pas les bobos des grandes villes européennes.

Quant à la concession d'habitations elle a vu son parc immobilier se diversifier avec différents types de maison et résidences plus ou moins cossues et se verticaliser avec un ensemble d’immeubles modernes de trois étages qui portent, étrangement en ces terres musicales de renom, les noms d’illustres compositeurs classiques : Mozart, Beethoven, Vivaldi, etc.  Le nôtre c’est Chopin, je vous en glisse quelques photos dans un prochain billet.